A près avoir flirté avec la première place de pro D2, fin novembre, Aurillac se retrouve dans le ventre mou de ce championnat, à l’issue de la 16ème journée. Que se passe-t-il? Pour le comprendre, il faut analyser l’évolution des « autres classements », durant la phase aller.
Du point de vue du bilan attaque/défense, après 5 matchs et 6 essais au compteur, Aurillac pointait à la 11ème place, à égalité avec Auch et Mont-de-Marsan. La défense, avec 7 essais encaissés, se situait en 8ème position, à égalité avec Colomiers et Pau. La différence – essais marqués/essais encaissés – donnait une 10ème place, à égalité avec Bègles.
Par contre, l’autre bilan, celui des tirs au but (transformations, pénalités et drops), était beaucoup plus satisfaisant. En seconde position, derrière Tarbes, pour la réalisation, Aurillac était également second, toujours après cinq matchs, pour le nombre de points encaissés, en tirs au but, derrière Oyonnax. La différence mettait le club en première position, dans ce compartiment de jeu. Discipline et efficacité des buteurs étaient les mamelles de ce succès qui cachait l’indigence du compartiment offensif.
La tendance se confirme, au cours des cinq matchs suivants. Dans le classement attaque, Aurillac n’occupe, après 10 matchs, que la 12ème place, à égalité avec Colomiers et Tarbes ; la défense, plus serrée, obtient une méritoire 4ème place, à égalité avec Mont-de-Marsan. Ce qui situe le club à la 9ème place, dans le classement de la différence «essais marqués/essais encaissés». De fait, c’est l’exceptionnel bilan des tirs au but qui va propulser Aurillac vers les sommets. Premier au classement des réalisations, le club l’est également pour le nombre de points encaissés et se retrouve avec le meilleur bilan comptable, dans cette catégorie de jeu, deux fois supérieur à son suivant immédiat, Tarbes. La discipline paie.
Or, chaque année, le même schéma se reproduit. Après une dizaine de matchs, la discipline générale s’améliore et, mis à part quelques clubs qui s’acharnent à ne pas respecter les règles (Ah, Narbonne, Dax et Pau, quel gâchis !), on assiste à un resserrement des valeurs, en ce domaine. Un peu moins de réussite d’un côté, un peu plus de l’autre, et voilà que des matchs basculent. Pour Aurillac, toujours en déficit chronique dans le secteur offensif, chaque match devient hypothétique. Celui de Saint-Etienne aurait dû sonner l’alarme et ordonner une beaucoup plus grande attention à la préparation de la division offensive. Cela n’a pas été ou n’a pu être le cas.
Bref, après 15 matchs, Aurillac pointe à l’avant-dernière place, à égalité avec Aix, dans le bilan des essais réalisés. 8ème ex-aequo avec Pau, question essais encaissés, le club se retrouve à la 12ème place, à égalité avec Tarbes, au classement de la différence « essais marqués/essais encaissés ». Le bilan des tirs au but marque l’effritement de la confiance des Cantalous, sinon le nivellement, par le haut, de la discipline des clubs. Après 15 matchs, Aurillac, second, derrière Tarbes, au chapitre des réalisations au-dessus de la barre transversale, l’est, également, à celui des points encaissés par la même voie, derrière Mont-de-Marsan. Mais la période des cinq derniers matchs voit, pour la première fois, apparaître un solde négatif dans ce compartiment de jeu.
La reprise confirme, pour l’instant, la tendance. Aucun essai, dans le match contre Dax, et 5 pénalités inscrites, contre 8 concédées à l’adversaire qui n’était, pourtant pas, à ce jour, un modèle de discipline, a contrario d’Aurillac. Obéissance aux règles amoindrie, donc, probablement plus en cause que déficit de réussite des buteurs. Mais n’est-ce pas là le piège naturel des équipes qui peinent à marquer des essais ? A contrario, Tarbes, « l’autre équipe » de potentiel analogue à Aurillac, semble avoir compris la nécessité de franchir la ligne de but adverse autrement que par la voie des airs.
Ce n’est pas une vue de l’esprit : sur les 120 matchs des matchs aller, seuls 10 n’ont pas vu la victoire de l’équipe ayant marqué le plus d’essais (9 défaites et un nul). A égalité d’essais, la victoire a basculé 28 fois grâce aux buteurs, contre 4 matchs nuls. Mais, et c’est le plus important et vraiment encourageant pour la volonté d’attaque, 78 matchs ont été remportés par l’équipe ayant marqué plus d’essais que son adversaire : c’est, sans conteste, la route la plus sûre vers le succès.